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lunedì 23 giugno 2014

Brève histoire de l’agriculture italienne

 di Antonio Saltini


L’agriculture apparaît en Italie cinq mille ans avant J.-C. Les archéologues ont clairement identifié les parcours suivis par les premiers agriculteurs d'Anatolie qui ont diffusé les extraordinaires nouveautés de la révolution néolithique à travers le continent européen, d'abord le long des côtes méditerranéennes, puis le long du Danube. 
Les premiers arrivés sur leurs bacs, par voie maritime, abordèrent le littoral de la Sicile, où ils créèrent des villages dont tous les outils (la vaisselle surtout) étaient identiques à ceux des premiers villages agricoles du croissant fertile (Anatolie, Syrie, Palestine, vallées du Tigre et de l'Euphrate). 


Plus tard, après avoir franchi l'obstacle des Alpes, arrivèrent les paysans venant du Danube, qui bâtirent des villages ayant les mêmes caractéristiques que ceux de l’époque néolithique dans les Balkans, dont l’outillage avait, en l’espace d’un millénaire, enregistré des évolutions assez importantes. A l’âge du bronze, toute la plaine du Pô était colonisée par la civilisation nommée des “terramare”, caractérisée par les habitations du type palafitte, donc liée à la civilisation “lacustre” typique de la Suisse. Les habitants des “terramare” avaient perfectionné les méthodes de culture et d’élevage des débuts du néolithique, méthodes qui sont restées les mêmes jusqu’au moyen âge. Cette exploitation a permis un peuplement à densité stable pendant toute cette période.
A l’âge du fer, l’Italie devint le centre de la République, puis de l’Empire romains. En Orient s’étaient développées les grands empires de céréales (blé et orge) : Rome, qui s’était imposée au centre de la péninsule, dans une région qui n’avait pas les caractéristiques nécessaires à la culture extensive du blé, conquit toutes les grandes plaines du monde connu en assignant à chacune une fonction particulière selon ses plans de domination économique et militaire. Les pays dont les frontières n'étaient pas menacées par des ennemis puissants furent exploités pour nourrir la population de Rome, « grand ventre » de l’Empire, où des centaines de milliers d’anciens cultivateurs-guerriers, qui avaient été dépouillés de leurs terres par l'aristocratie et la classe des négociants, revendiquaient le droit de recevoir, grâce à leur état de citoyens, “panem et circenses”. Les pays situés près des frontières menacées, comme celles du Rhin et du Danube, furent chargés de produire le blé nécessaire au ravitaillement des légions campées sur ces frontières, ce qui fut le cas de la France. Pour satisfaire l’inépuisable exigence de banquets des classes supérieures, dans les régions les plus fertiles et les plus proches de la capitale se développèrent des techniques de culture (fruits et légumes) et d’élevage (cochons, moutons, volailles), à caractère pré-industriel. En analysant les particularités de cette agriculture destinée à satisfaire une forte demande, tant en quantité qu’en qualité, l’espagnol Lucius Moderatus Columelle, propriétaire de vignobles parmi les “châteaux romains” écrivit le premier véritable traité scientifique agronomique occidental.
Après la fin de l’Empire, et pendant presque mille ans, il y eut une régression à une économie plus proche de celle de l’âge du bronze que de celles qui avaient triomphé autour des métropoles de la Grèce et de l’Italie romaine. La productivité des champs, assez mal cultivés, s’était sensiblement réduite, mais le faible peuplement, qui consistait en petits villages dispersés dans un paysage de bois et de marais, permettait à ces petites sociétés de paysans-bûcherons d’obtenir une partie importante de leur subsistance à partir des milieux naturels, prairies et marais : viande, poissons, miel, fourrures, textiles.
Vers la fin du moyen âge, lorsque se développa en Europe la société du grand artisanat et des échanges commerciaux, l'agriculture nouvelle apparut d'abord en Flandres, dans la plaine du Pô et dans les plaines mineures de l’Italie centrale. Ce fut dans la plaine du Pô qu’on vit l’épanouissement d’un système absolument nouveau de relations entre l’homme et les ressources de la nature: une agriculture fondée sur l’irrigation. Bien sûr, dans les pays du Moyen Orient, l’irrigation avait permis, des milliers d’années auparavant, une immense production de blé sur des terres qui n’étaient, pour des raisons climatiques, que des déserts. Mais l’agriculture italienne du bas moyen âge fut surtout l’agriculture de l’élevage intensif, de la production de textiles et de fruits et légumes à grande échelle. Grâce au peuplement favorisé par l’abondance d’aliments, les villes italiennes devinrent de grands centres d’exportation de tous les produits les plus recherchés sur les marchés de l’époque, laines, armes, verres, fromages d’une qualité inimitable et capables d’une longue conservation. Malheureusement cette extraordinaire richesse des villes italiennes, qui n’étaient pas protégées par un appareil politique et militaire proportionné à leur opulence, excita la convoitise des deux puissances majeures de l’époque, la France et l’Espagne, dont les armées se défièrent, pendant deux siècles, sur les fertiles champs de la Péninsule, en transformant un des pays les plus riches du continent en terre de misère économique et civile, dont les chroniques du dix-septième siècle nous donnent le sombre témoignage.
Au siècle des Lumières, l’agriculture de la Lombardie reprit son essor, et la richesse des campagnes qui environnaient Milan, fondée sur le fromage et la soie, fit de cette ville une des plus riches d’Europe, soutenant un rayonnement culturel identique à celle des grandes capitales de cette période extraordinaire de l’histoire européenne. Il faut pourtant reconnaître que la Lombardie n’était pas l’Italie ; ailleurs la mainmorte était souveraine, et mainmorte signifiait une plèbe de paysans misérables qui labouraient des terres dans le même état que les latifundia de l’Empire romain agonisant, dont seulement l’immensité permettait de soutenir le luxe d’une aristocratie foncière aussi paresseuse qu’indifférente à tout stimulus culturel, économique et civique.
Le dix-neuvième siècle fut le siècle du “Risorgimento”, un mouvement auquel les classes paysannes ne prirent aucunement part. Ce mouvement aboutit à un type de gouvernement où les propriétaires terriens, bénéficiaires d’une agriculture arriérée, étaient majoritaires et en profitèrent pour aggraver, au delà de toute imagination, la condition des paysans et conforter leurs propres privilèges. A la fin du siècle, on peut dire que faire supporter les coûts de la crise agraire aux paysans était la seule préoccupation des premiers parlements unitaires. L’extraordinaire période commencée, à la fin du siècle, avec les cabinets de Giovanni Giolitti, qui ouvrirent au pays des horizons complètement nouveaux de progrès économique et social, fut trop tôt stoppée par la Grande Guerre, et suivie par une longue période de marasme politique. Ceci convainquit les toujours puissants propriétaires terriens de recourir au Fascisme, dont la politique agricole n'avait qu’un but : accroître la production de blé pour pouvoir ravitailler les armées nécessaires à la résurrection des splendeurs de Rome. Tous les autres aspects du progrès agronomique furent complètement ignorés.
A la fin de la seconde guerre mondiale, la production alimentaire du pays ne pouvait compter que sur une des agricultures les plus arriérées, bien au delà des dommages de la guerre, du continent. Ce fut alors que s’accomplit un véritable prodige : grâce à Giuseppe Medici, agronome et homme d’état de taille internationale, l’Italie fut le premier pays à héberger une conférence internationale de chercheurs en agronomie qui permit de créer des liens entre des programmes de recherche qui manquaient alors d'interactions et d'échanges capables d’en multiplier l’efficacité. Dans les trente années qui suivirent la guerre, on vit la floraison, dans la Péninsule, d’une génération de grands agronomes, hommes de science mais plutôt engagés sur le terrain qui, sortant des schémas traditionnels contraignants, renouvelèrent totalement les techniques agricoles. Ils créèrent le premier élevage bovin sur le modèle américain en Europe, en l'appuyant sur la culture des maïs hybrides ; ils créèrent également une industrie fruitière de conception entièrement nouvelle et une viticulture renouvelée pouvant rivaliser, dans les décennies à venir, avec la primauté française.
Cet “âge d’or” se termine brusquement dans les années 1980 : les changements radicaux de la politique agricole de la Communauté Européenne lui donnèrent la première estocade. Par la suite, la disparition, à laquelle a pris part toute la classe politique, de la moitié des surfaces agricoles, abandonnées au bétonnage, a énormément réduit le potentiel productif de l’une des plaines les plus fertiles du continent. Plus récemment, les mouvements environnementalistes, parmi les plus radicaux en Europe, ont exigé de la classe politique, qui a facilement cédé, l'arrêt de la recherche agronomique d’avant-garde. L'Italie se retrouve donc contrainte de produire sur une surface agricole réduite, avec des moyens de plus en plus dépassés. A Rome, le débat sur l’avenir de l’agriculture nationale est confus et incompréhensible : les influences dominantes sont celles d'architectes et de gastronomes, de “petits ministres” des administrations régionales (gouvernées en Italie par de véritables petits parlements), préoccupés seulement de leur fauteuil. Les agronomes et économistes capables d’analyser les données objectives d’une réalité de plus en plus déficiente sont complètement absents des décisions. Pour tenter de mieux comprendre la situation, on peut se reporter aux écrits d’Antonio Saltini, professeur d’histoire de l’agriculture à l’Université de Milan. Ce spécialiste a notamment publié une histoire des sciences agraires occidentales depuis 2500 ans, en 7 volumes, en cours de traduction en langue anglaise. Il est, depuis plus de quarante ans, un témoin vigilant des succès, mais aussi des échecs de l’agriculture de son pays, ainsi qu’un critique impitoyable des responsables de ces échecs. On suggère en note quelques titres de cet auteur.






Antonio Saltini è nato a Pola nel 1943. Dopo una laurea in giurisprudenza e una in scienze agrarie, nel 1973 entrava nella redazione del Giornale di agricoltura, il più antico periodico agrario nazionale, nel 1976 in quella di Terra e vita, il settimanale diretto e stampato a Bologna da Luigi Perdisa. Per il periodico bolognese Saltini si cimentava in analisi delle scelte politiche nazionali e comunitarie e in una lunga serie di reportages sulle agricolture delle nazioni chiave dello scacchiere agrario. Operare al fianco di Perdisa gli consentiva di tradurre le esperienze successive e le continue letture in una serie di volumi che culminavano nella Storia delle scienze agrarie, la prima analisi comparata della letteratura agronomica dei paesi dell’Occidente. Nel mese di marzo 2010 il Consiglio della Facoltà di agraria dell’Università di Milano gli offriva di tenere il corso di Storia dell’agricoltura, offerta che Saltini accettava.

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